MARATHON DE NANTES 17 AVRIL 2011
AU BOUT QUOI QU'IL ARRIVE !!!!
Après mon abandon au marathon de La Rochelle en Novembre dernier, je m'étais dit que laisser du temps avant un prochain serait le mieux......Mais après un abandon , on se pose pleins de question, on cherche à comprendre la raison ou les raisons. A chaque questions, on y trouve une raison à chaque fois différentes. On tourne en rond, on perd confiance.
C'est une évidence, je me serais posé des questions aussi longtemps que j'aurais attendu avant de me réinscrire sur un 42.195kms.
En Janvier, mon ami Ronan, qui avait besoin de quelque part ce relancer après une pause, me dit avoir envi de faire un marathon. L'occasion était trop belle pour que je la loupe. On en discute alors et décidons de signer pour le marathon de Nantes. Nous voulons y aller surtout pour le plaisirs, sans forcément suivre de plan. Pour moi, ce n'est pas mon objectif mais une bonne sortie longue avant mon 86kms de fin Juin.
Au début, Ronan, souhaite m'emmener sous les quatre heures , je suis un peu hésitant au départ car moi, le finir, sur ce coup là, me suffirait mais j'accepte car je sais qu'en moi je le veux, il me manque juste un peu de confiance.
Au départ, je fais 4 séances par semaine, je varie les séances, parfois c'est un simple footing, parfois je travail l'allure...... Un peu de VMA mais très peu. Avec Ronan, nous essayons de courir au moins une fois par semaine ensemble mais vu les emplois du temps, c'est pas toujours simple.
Au fils du temps, le temps pour courir diminue, j'ai pas mal de chose à faire, il n'est pas question que ma passion nuise à ma famille. Je décide de passer de 4 à 3 séances par semaine.
Lors des séances avec Ronan, on essaie de travailler une allure, toujours dans l'objectif de passer ce marathon sous les 4h. Mais nous comprendrons rapidement que tous deux ne pouvons s'entrainer correctement, le temps nous manque et même parfois la forme physique. Ce n'est pas un problème, le finir sans trop de dégât nous suffira .
Samedi 16 Avril, nous partons donc en direction de Nantes avec nos épouses. Dans la voiture, nous rigolons, nous pensons à notre préparation très, trop juste ! Nous sommes vraiment dans l'inconnu, nous savons juste une chose : ON VA SOUFFRIR !!
Arrivé à Nantes, nous partons directement chercher nos dossards. Cela se fait rapidement, il y a beaucoup moins de monde que lors de mes derniers marathons.
On a bien rigolé quand une des bénévoles nous a demandé si nous faisions moins de 3h ! Moi, j'ai demandé si elle voulait dire moins de 3h de course à pied par semaine !
L'ambiance est agréable, je jette un regard sur le stand du Raid du Golf du Morbihan, je pense à mes 86kms qui m'attendent dans deux mois, j'en rigole intérieurement.
Nous faisons vite le tour des stands.
Avant, de rejoindre nos femmes partis faire des emplettes, nous allons boire un ch'ti verre au soleil qui tape fort !
Le soir venu, nous décidons de manger léger, enfin presque....Bon ok, nous avons avons un peu abusé mais nous sommes là aussi et surtout pour passer un bon week-end.
Avant de se coucher, nous nous mettons d'accord sur l'heure du réveil et du petit déj, nous sommes sérieux, ben oui des fois cela nous arrive......Ce sera 6h, nickel hein, 3h avant le départ, punaise c'est peut-être la seule chose que nous avons respecté dans cette préparation !
Au petit déjeuner, nous discutons avec d'autres marathoniens, là, on se regarde, c'est confirmé notre prépa est pourri ! On va en chier.. !
Tous est ok, c'est l'heure, go to the départ of the course.
Nous nous plaçons à l'arrière non loin du meneur d'allure des 4h15 que nous pensions suivre.
Nous embrassons nos femmes, le coup de pétard va pas tarder......
Moi, je suis légèrement stressé mais sans plus. L'abandon de La Rochelle est quand même dans ma tête.
Pan, c'est partis, nous nous souhaitons un bon marathon. Le meneur d'allure des 4h15 part à un rythme que nous estimons trop rapide. Je vous interdis de rire ! Stop, je vous entend ! Nous nous efforçons de respecté l'allure de 6' au km mais ce n'est pas évident, il est facile de se laisser emporté avec l'ambiance, les autres coureurs. Les premiers kilomètres se passent bien, les sensations sont bonnes. Il fait bon, je redoute la chaleur, ce n'est pas mon truc. Oui, je suis compliqué quand il pleut ou neige je ne suis pas content non plus ! Il y a beaucoup de supporters qui nous encouragent, c'est vraiment chouette. J'adore cette ambiance, c'est trop bon !
Ronan donne très souvent le rythme de la foulée à tenir, nous respectons vraiment bien l'allure tel un métronome.
Alors, que nous pensions ne pas voir nos dames avant le huitième kilomètre, nous les apercevons lors de la montée du premier pont ! Belle surprise !
Vous remarquerez que pour l'instant, je ne donne peu d'indication de temps, de distance. C'est tous simplement parce que je n'en ai aucunes idées. Je n'ai pas bipé les kilomètres.
Huitième kilomètre, nous repassons vers le départ, nos femmes sont là, c'est excellent, l'ambiance est trop bonne. Je suis bien même si j'ai déjà trop chaud. Je m'hydrate au mieux.
Quelques kilomètres plus loin, une pause pipi s'impose. Je stoppe au premier buisson. Et là, patatroom, je chute ! Oui, Oui, je chute... La haine.....J'ai pas fait attention que derrière moi, il y avait un rondin de bois planté au sol. Forcément en reculant, je me le suis pris ! Je me suis retrouvé comme un C.. sur le c.l. La honte quand même, mais bon, pas de mal.
Nous passons les 10kms en un peu plus de 1h01 je crois. Le parcours, n'est pas exceptionnel, mais il y a toujours du monde au bord de la route pour nous encourager.
Ce que nous pensions se révèle être vrai, le tracé est loin d'être plat.
Au fur et à mesure que les kilomètres passent, je sens mes jambes s'alourdirent, ce n'est pas rassurant. Je fais part à Ronan de ces sensations.
Vers le 15me,16eme kilomètre , Ronan me dit aussi avoir des jambes lourdes, punaise on est mal, il en reste des kilomètres. Le doute s'installe, allons nous pouvoir aller au bout ?
Les kilomètres suivants, mes jambes répondent de moins en moins, j'ai du mal à rester au niveau de Ronan qui essaie de me relancer. Je lui dis que cela va le faire, car je sais qu'il y a toujours de moments difficile sur une course mais que ça passe.
M'enfin, plus ça va, moins je reste optimiste.
Voilà, le semi, nous le passons en 2h13'. Je ne suis pas bien, la cuisse droite me fait mal, elle est dure comme du béton. J'essaie, je m'efforce de suivre Ronan mais c'est dur. L'allure a baissé, Ronan n'est pas non plus au mieux.
Vers le 23eme kilomètre, je crois, je décide de m'arrêter pour m'étirer et là.....Une grosse douleur a la cuisse, j'ai une boule au dessus du genou, c'est la crampe. Je ne peux même plus plier ma jambe. Je m'étire comme je peux mais j'ai mal, je crois même avoir crier. Ronan, me propose d'étirer ma jambes mais à ce moment à, une ambulance passe. J'ai peur de devoir y monter. Je ne le veux pas, je me retourne , m'agrippe au grillage tous en disant à Ronan, je ne veux pas abandonner. J'entends le fourgon qui s' arrête, les secouristes demandent si tous va bien, Ronan les rassure mais je sens une hésitation dans sa voix. Moi, je me calme, je souffle, je me refuse l'abandon. L'ambulance repartis, je marche un peu, puis reprend la course. Je peux courir mais pas très vite. Ronan reste à mes côtés, je l'en remercie beaucoup.
A nouveau, je dois m'arrêté, la douleur ne passe pas. Je dis à Ronan de partir, de ne pas s'inquiéter, de faire sa course mais bon il ne veut pas.
Je reprends à nouveau la course, on nous double de plus en plus, mais cela n'atteint pas mon morale, je dis même en rigolant « j'aurais déjà fait mieux qu'à La Rochelle ! ». La seule chose qui m'embête, c'est le faite d'avoir l'impression de ralentir mon pote.
Ronan, décide de partir, car l'allure est trop faible pour lui, il a peur et à juste raison de s'épuiser. Je sens que cela l'embête de me laisser, mais il a eu raison, il est lui aussi dans l'inconnu, il doute sur le fait de pourvoir le finir. Avant de partir, il me fait jurer de na pas me faire mal, d'arrêter si j'ai trop mal. Pas de souci lui dis-je..........
Me voilà seul face à mon destin, enfin pas totalement seul car, beaucoup de monde m'encourage, cri mon prénom (oui il est inscrit sur le dossard). Contrairement à d'habitude, je regarde pas mes pieds, je lève ma tête, je regarde droit devant.
J'essaie de penser à autre chose qu'a mes douleurs et à mes craintes. J'alterne de plus en plus, la marche avec la course, je n'ai pas le choix.
Je me donne un premier but, rejoindre le centre ville. Après, si je peux je continue, sinon, je prendrais la tangente.
Le groupe de « courir avec « me rejoint (http://courir-avec.pagesperso-orange.fr/).
Je reconnais Charlie qui me tape dans le dos, je suis content de le voir. J'essaie, de m'écarter pour ne pas les déranger et là, bing, une crampe au mollet gauche ! J'adore....
Je m'étire comme je peux mais je sais que cela ne sert à rien. Je reprends la route, je recours, je ne suis toujours pas prêt à l'abandon.
J'ai vraiment mal mais je sens vraiment une force en moi, une grosse volonté qui me fait avancer. Le mental est bien là, et franchement je ne vois pas ce qui pourrais l'ébranler .
Une chose aussi me fais avancer. Je n'ai aucune envie d'expliquer une seconde fois à mon fils, à qui je dis d'aller au bout de ce qu'il fait quoi qu'il arrive, de ne pas baisser les bras, un second abandon !
Arrivé au centre-ville, vers le 32eme kilomètre, je ne stoppe pas mon effort, je suis à dix kilomètres du bonheur, il est trop tard pour s'arrêter. J'arrive au jardin des plantes, cela descend, mais je sais que c'est pour mieux remonter. J'appréhende cette côte qui risque de me faire très mal. Mais punaise, cette côte et un vrai bonheur, ma femme est là avec Isabelle (madame Ronan)! Je craque, les larmes sont là, j'ai la hargne. Mon regard doit être méchant, je passe à côté d'elles en disant que j'ai mal mais que je vais la chercher cette put...n de médaille. Ma femme me dit d'arrêter si j'ai trop mal, mais elle me connais, elle sait que je n'arrêterais pas.
Les kilomètres suivants sont très longs, je double des coureurs en difficultés qui me redoublent, que je redouble.........Il fait très chaud, c'est vraiment dure.
Je monte le dernier pont, il reste plus que 2 kilomètres et 195 mètres, ils vont être affreux. Une ligne droite interminables, j'en ai marre, je n'en peux plus ! Des coureurs qui ont finis leur course nous encouragent, nous obligent à courir, j'essaie de leur obéïre au mieux que je peux.
Dernier virage, il reste 1 kilomètre 195m. Il y a des gens qui mangent aux terrasses des restaurants, je les envie, bande de veinards !
Je commence à voir la ligne d'arrivée, c'est bon, j'y suis, je retrouve le sourire !
Ma femme, Isabelle et Ronan sont là, putain que je suis heureux d'y être de les voir. Un gars arrive à ma hauteur, il me dit allait ensemble , j'accélère un peu, oui pas trop quand même. Et voilà, je finis ce dure marathon ! C'était long, douloureux, voir très douloureux mais je suis très heureux. Je stoppe mon chrono à 4H59'.
J'ai du mal à tenir debout, mes jambes ne veulent plus me porter ! Je retrouve ma compagnie, je tombe dans les bras de ma femme, je lui dit combien je suis heureux. Je regarde Ronan, on se lance un petit sourire, on l'a fait ! Ronan, lui finis en 4H40'.
Je suis très fier de moi,je n'ai pas laché. Aujourd'hui, je suis rassurer sur mon mental, sur ma volonté d'aller au bout.
Jamais, je retournerais sur un marathon avec si peu de préparation. C'est la grande leçon du jour !
Nous avons passé un super week-end en compagnie de Ronan et d'Isabelle ! Merci à eux.
Trois jours après, mes jambes sont plus douloureuses, je me sens bien. Une petite douleur sous le pied droit mais qui à l'air de disparaître. Maintenant REPOS !
Je remercie bien sur toutes les personnes qui me permettent de vivre de tels moments !
Merci aux bénévoles de ce superbe marathon !
A bientôt pour plus de kilomètres !!!!!!!